RAID | La première édition Défi d’Elles, entre sable et océan !

Le 23 juin dernier avait lieu la première édition du Défi d’Elles, un raid tout nouveau qui avait lieu à Arcachon. Elise, notre #outtripeuse de choc, a eu le plaisir d’y participer et nous raconte en live cette expérience de folie !

Défi d’Elles par Elise

Comment je me suis retrouvé sur le Défi d’Elles déjà ?

Oh un dossard à gagner pour une course à Arcachon! Petit calcul rapide, une heure de route pour y aller, ça peut faire l’objet d’un petit week-end avec ma mère, et en plus c’est dans un cadre magnifique. C’est pas tous les jours qu’il y a des concours pour des évènements près de Bordeaux alors on va tenter sa chance! Et gagner. Moi ? Gagner un dossard, mais au fait c’était quoi déjà la course ? Ah oui, le SwimRun by Défi d’Elles Laure Manaudou. Format XS ou format S (M c’est peut-être un peu gros pour une première sur cette discipline) ? Allez, format S. Et me voilà embarquée le 23 Juin 2019 pour 7 km de run et 1500 m de natation en eau libre, le tout en alternant les sections. Petit check de la météo, 26°C annoncé mais l’eau est à 18°C, oups c’est froid! Mais maintenant j’ai signé, je n’ai plus le choix et il va falloir que je combatte ma peur du froid et mes réminiscences du passé.

Pour la combinaison, direction le magasin Foulées Mérignac où il y a un service de location. Trois jours avant je débarque. “Bonjour, je voudrais louer une combinaison de SwimRun” “Pour ce week-end ?” “Oui oui pour le SwimRun d’Arcachon” “Vous avez de la chance, elles sont toutes louées depuis longtemps pour l’évènement mais une personne vient de se désister et une combi vient de se libérer, taille S en plus!”. Ouf, mais ça m’apprendra à m’y prendre au dernier moment.

Le vendeur est de bon conseil, d’ailleurs le SwimRun est sa discipline. Il me vend une paire de lunettes de plongée adaptées et un Pull Buoy que mon grand-père me bricole pour qu’il tienne sur ma cuisse. J’apprends que je vais nager avec mes baskets de course à pied et que le Pull Buoy m’aidera à flotter, tandis que des plaquettes sur les mains me permettront de moins me fatiguer en crawl. Nager le crawl, moi ? Non non, je le nage comme un pieds et je suis bien plus à l’aise en brasse. Mais il va falloir s’y mettre je crois là! Le stress commence à monter : la température de l’eau, les chaussures pour nager et le crawl; de beaux défis m’attendent!

Samedi, 18h30, ma mère et moi arrivons dans la location Air B’n’B que nous avons dégotée à 15 minutes en voiture du départ. Parfait. Nous posons nos affaires et direction le village Défi d’Elles pour récupérer le dossard. Nous arrivons vers 19h là-bas, il n’y a plus d’animations mais les petites tentes sont toutes mignonnes. Il y a une paillote au centre et ma mère s’allonge sur une chaise longue en attendant que je récupère mes affaires et aille discuter avec une dame du stand Speedo (le dernier ouvert).

Dans le sac, un chasuble bleu estampillé SwimRun by Défi d’Elles portant mon numéro, le 168, un bonnet bleu (pour le format S, le format M était rose et le XS jaune) et le bracelet doté d’une puce.

Mais c’est quoi au fait ce SwimRun ?

Avant de partir dans le vif du sujet, quelques mots sur cette première édition.

Défi d’Elles c’est un raid solidaire qui a lieu pour sa première édition autour du magnifique bassin d’Arcachon.
Il y avait plusieurs formats pour ce premier Défi d’Elles:
XS : 4,5km avec 3,5km de run et 1km de nage
S: 8,5km avec 7km de run et 1,5km de nage / en solo ou en duo
M : 13,5km avec 11km de run et 2,5km de nage

Les profits sont reversés à l’association Keep a Breast.

Défi d’Elles, le compte rendu !

6h30, le réveil sonne et je sursaute, étant tirée de mon rêve. Un peu de mal à émerger du soleil. J’ai un peu frais en sortant du lit et cela me fait un peu peur. Je me demande si je vais réussir à rentrer dans l’eau à 18°C qui m’attend. J’essaie de ne pas y penser et vais prendre mon petit-déjeuner. Puis je me prépare, enfile un maillot de bain sous ma combinaison, mets un peu de pommade Nok aux endroits susceptibles de frotter et revêts la combi. Nous rangeons nos affaires et direction Arcachon.

8h45, les SAS de départ sont constitués. Nous sommes classés par format de course et par numéro de dossards. Je suis dans le quatrième SAS, le deuxième du format S. Il y a au maximum 100 participants par vague de départ. J’ai peur mais ressens également beaucoup d’excitation. Il y a une ambiance festive et joviale qui me rassure un peu et m’excite encore plus. Il doit faire environ 20°C, parfait, comme ça la différence entre l’eau et l’air ambiant ne sera pas trop grande et ce sera plus facile de se jeter à l’eau.

9h00, départ de Laure Manaudou et son binôme. Je les aperçois au loin s’élancer. Elles sont sur le format M et partent en trottinant sur la plage. 30 secondes après, une navigatrice (oups je ne me rappelle plus son nom) et sa coéquipière partent, puis c’est au tour de l’équipe des Crevettes Pailletées dont le film s’est inspiré et enfin ce sont les participants de Koh Lanta qui démarrent.

Puis les participants du format M partent, la première vague du format S s’élance et je sens une émotion d’impatience mêlée à l’angoisse monter en moi, je ne tiens plus vraiment en place.
9h12, c’est à nous, le top départ est crié. Je pars un peu trop vite sur le sable, au départ sec. Je me déporte vers l’océan pour trouver un sol un peu plus dur et sens l’eau des vagues pénétrer dans mes chaussures, ça va elle n’est pas trop froide pour le moment.

Vient la première section de nage, je place mon Pull Buoy entre mes jambes, cours jusqu’à avoir de l’eau à mis-cuisses et bizarrement j’arrive à plonger rapidement tout mon corps dans l’eau, portée par la foule et les encouragements. L’eau n’est pas si froide en fin de compte et je suis plutôt contente de moi. Cependant mon coeur bat trop vite, j’ai forcé sur la course et de surcroît je n’étais pas sereine. J’essaie de me mettre en crawl mais je n’y arrive pas. J’ai du mal à respirer, j’halète et ne parviens pas à reprendre mon souffle. Je panique et tente la brasse, c’est plus facile mais mon cardio ne veut pas redescendre, à nouveau crawl, puis brasse. Je songe à laisser tomber, persuadée que je n’y arriverais pas. Mais je me rappelle pourquoi je le fais, je repense à mes objectifs, à mes victoires et je repars. Je nagerai la brasse, tant pis mais je la finirai cette course. Beaucoup me doublent, j’ai l’impression de ne pas avancer, je me bats contre moi-même pour finir cette section. Lorsqu’il faut repasser en course à pieds, je vois ma mère et mes grands-parents qui m’encouragent et prennent des photos. Le mental revient et c’est reparti! Une section de faite, plus que 5 en natation.

2, 3, 4 et un ravitaillement à la sortie. Mon lacet est défait, mes plaquettes m’empêchent de le refaire rapidement mais une dame m’aide et le renoue à ma place. Je la remercie profondément. C’est dur, le Pull Buoy m’empêche de nager une brasse efficace, mes jambes sont à la surface de l’eau et je n’avance pratiquement qu’à la force des bras, la course sur le sable est fatigante, je me repose lorsque nous passons sur la piste cyclable.

Tout le long se trouvent des supporters qui nous encouragent et je suis comblée. Les transitions nage/course sont plus faciles que je ne le pensais, je n’ai absolument pas froid et ne me pose pas de questions. Je fonce un point c’est tout, enfin, à mon rythme! Le dernier tronçon de nage se termine, plus que 4 km de course. Je me sens pousser des ailes et dépasse pas mal de participants. La course est mon point fort, contrairement à la nage où tout le monde me double. Des enfants me font une haie d’honneur et les bénévoles nous crient de nous accrocher, que c’est bien, de ne rien lâcher, bref ils nous reboostent, comme tout le long du parcours. L’arrivée est proche. Je croise à nouveau ma mère qui me lance “Vas-y Chérie”, des bénévoles et passants juste après reprennent “Oui, vas-y chérie”, je rigole et les regarde en souriant. L’arche d’arrivée se dessine mais je dois d’abord vaincre les 100 derniers mètres sur le sable sec. C’est dur, je suis freinée dans mon élan, impossible d’accélérer et le cardio monte vite. J’arrive néanmoins à dépasser un duo qui s’écrie “Ah non! Pas maintenant!” Et si!

10h18, je franchis la ligne d’arrivée, heureuse, fière, un sentiment indescriptible car cette course est bien plus qu’un simple SwimRun, c’est une revanche durant laquelle je me suis prouvée à moi-même que je pouvais reprendre la natation, que je n’avais pas froid dans l’eau, que j’étais capable. Car oui, je nageais beaucoup étant petite, un peu en compétition même, mais suite à l’anorexie que j’ai vécue, je n’ai jamais repris réellement, par peur d’avoir froid dans l’eau même à 30°C. Je pouvais mettre 15 minutes à rentrer dans une piscine, tétanisée par la sensation de fraîcheur, mais aujourd’hui, et bien c’était à 18°C, et je suis rentrée en moins d’une minute. Alors oui, c’est une grande victoire pour moi. 1h06, 29ème sur 53, 9ème femme sur 26, résultats inespérés qui m’ont agréablement surprise.

c’est une grande victoire pour moi

Les premiers du format M sont arrivés, avec beaucoup d’émotion, puis Laure Manaudou et sa coéquipière. J’ai préféré vivre cela en “live”, ma mère a tenu à prendre des photos. Nous sommes restées jusqu’aux derniers finishers. Nous recevons tous une médaille, ma première !

Ma mère me pousse à aller me faire photographier avec Laure Manaudou, j’hésite, un peu intimidée mais finis par y aller. Elle est très grande mais aussi très ouverte. Je suis impressionnée car c’est elle qui m’avait donné envie de nager petite, c’était mon modèle et me retrouver là, à côté est un peu étrange. Mais elle sourit et est juste humaine en fait.

Nous retournons au village, je me change un peu et assiste aux premiers discours avant la remise des prix. Puis nous partons car du chemin nous attend et je commence à avoir faim aussi!

Cette matinée était magique. Une ambiance de folie, pas de bousculades, un climat d’excitation, de joie et de légèreté. Une organisation et des bénévoles extraordinaires, que je remercie du fond du coeur. Et un cadre idyllique.
Un grand merci également à Camille qui m’a permis de participer à ce SwimRun, sans qui je n’aurais pas osé m’y inscrire et me prouver à à moi-même que j’avais dépassé l’anorexie. Merci mille fois pour cette opportunité hors norme!

Format M l’an prochain ?

Et sinon… pour celles qui voudraient participer à l’expérience rdv à la prochaine édition Défi d’Elles à l’île d’Oléron !

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crédit photo : @locachiquiiiita
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